Le contenu de cette page nécessite une version plus récente d’Adobe Flash Player.

Obtenir le lecteur Adobe Flash

Le contenu de cette page nécessite une version plus récente d’Adobe Flash Player.

Obtenir le lecteur Adobe Flash

Bienvenue sur le site de Françoise Buire, iconographe orthodoxe à Vézelay (Atelier à son domicile)

LES ANGES

(dans ce texte, j’ai repris des passages de l’ ’Echelle de Jacob’ du Père Serge Boulgakov)
JPEG - 23.8 ko
(Fresque de l’église du Monastère
Orthodoxe de Bussy en Othe)

« Gardez-vous de mépriser aucun de ces petits, car, je vous le dis, aux cieux leurs anges voient toujours la face de mon Père céleste » (Mt XVIII, 10).

Par ces paroles, le Christ atteste d’une manière imprescriptible qu’« aucun de ces petits » n’est sans son ange gardien.

« Toujours en éveil, gardien de mon âme », « guide fidèle et juste de la vie », « gardien de nos âmes et de nos corps », l’ange n’est pas Dieu, ni en science ni en sagesse ni en puissance. Il n’est qu’une créature, limitée en toutes choses, quelle que soit sa sublimité.

Il n’est pas pour autant un aveugle instrument de la volonté de Dieu. Une tâche créatrice lui est confiée. Si elle dépasse toutes possibilités et réalisations humaines, elle n’en reste pas moins dans le cadre de ce qu’une créature peut faire. Ainsi l’œuvre et la création d’amour des anges envers les hommes contiennent-elles naturellement pour les anges eux-mêmes des afflictions et des joies partagées avec l’homme et éprouvées à cause de lui.

(Un ange fait sortir St Pierre de sa prison.
Icône de Françoise Buire)

JPEG - 49.5 ko
(Un ange fait sortir St Pierre de sa prison.
Icône de Françoise Buire)

« Les saints anges, par leur proximité des saints, sont en communion avec leurs peines et leurs souffrances » dit St Isaac le Syrien.

De tels « sentiments », de peine et de joie, ce sourire et ces larmes des anges (que l’on retrouve souvent dans l’Art Sacré), indiquent bien que protéger, que guider notre vie est un travail créateur qui leur est confié. Ils l’accomplissent sans trêve par leur activité aimante. Il y a chez St Paul ces paroles mystérieuses : « Ne savez-vous pas que nous aurons à juger les anges ? » (I Cor. VI, 3).

Les anges servent notre monde, car ils y sont envoyés par Dieu, mais de surcroît, ils l’aiment, de même que l’ange gardien aime son double humain. Ils l’aiment d’un amour sacrificiel qui entraîne une kénose de leur essence angélique, kénose volontaire par acceptation et obéissance. Car cet amour implique un renoncement à la béatitude céleste en vue de l’union avec la vie et les destinées de la nature corporelle, épaisse, charnelle.

Souffrir notre état de péché, notre obstination dans le mal, notre bestialité, notre indolence et notre inertie spirituelle exige une tension de l’amour compatissant telle que nous ne pouvons en avoir idée. Toutes les formes de la patience de l’amour que nous connaissons : la mère ou le père qui pardonne et qui donne tout à son fils prodigue, la femme qui supporte un mari indigne, l’ami, le frère ou la sœur qui sauvent celui qui se décompose spirituellement, tout cela n’approche que de loin la patience et l’amour de l’ange gardien à notre égard. […]

De même que l’amour maternel précède toute réciprocité, l’amour angélique nous couvre et nous protège bien avant que nous ne puissions y répondre.

« Tu as mis près de moi un gardien dès mon enfance,… un gardien qui m’est donné pour les siècles ». Il vient nous rencontrer au seuil de notre vie, à la naissance et à son issue, il accueille notre âme et il l’accompagne.

Dans la vision de Jacob ( Gen. XXVIII, 12), une échelle était dressée par terre, son extrémité touchait le ciel « et voici que des anges de Dieu montaient et descendaient sur elle ».

Les anges sont donc entre le Ciel et la Terre, l’intermédiaire entre Dieu et le monde.

Même à supposer qu’il y ait des ordres supérieurs, toujours présents devant la face de Dieu et donc sans communication immédiate avec les hommes, ils n’en sont pas moins en liaison avec le monde humain.

Cela n’est-il pas confirmé par une série d’exemples d’anges supérieurs : celui de Gabriel qui se tient devant le trône de Dieu ; celui de Michel « prince » du peuple hébreu ; celui de Raphaël dans l’histoire de Tobie, enfin celui du séraphin qui touche d’une braise la bouche d’Isaïe ?

En ce qui concerne Gabriel, qui est appelé « l’ange fort » dans Ap X, 1, il communique à Daniel des révélations sur la destinée du peuple hébreu, mais aussi sur les derniers temps, la venue de l’Antéchrist, le jugement dernier. L’ange de l’Annonciation est en général l’interprète de l’histoire : son regard pénètre l’avenir et il voit déjà la tâche que Dieu lui confiera. Son attitude n’est dont pas passive devant l’histoire, il y participe.

Il annonce à Zacharie la naissance de son fils Jean-Baptiste, il annonce à Marie qu’elle mettra au monde de « Verbe fait chair » et c’est encore lui qui prévient Joseph en songe, qui le guide vers l’Egypte, qui l’en fait revenir. C’est encore lui qui préviendra Marie, âgée, du moment de sa mort (Evangiles Apocryphes).

Différentes icônes font ainsi apparaître Gabriel dans ces différentes « missions », mais il est deux autres icônes où il apparaît et qui sont l’héritage de la tradition des pères :

L’icône dite de la Trinité, où chacune des « hypostases » divines est représentée par un ange. Par « son ange » pourrait-on dire, par celui qui nous permet de distinguer trois modes de présence de la divinité. Michel représente la deuxième hypostase (le Verbe incarné : le Christ) et Gabriel la troisième (l’Esprit).
L’icône du chœur des anges ou Michel et Gabriel (parfois entourés d’une nuée d’anges, parfois seuls) tiennent un médaillon avec la figure du Sauveur Emmanuel. Parfois se tient entre eux, au-dessus du médaillon, un autre ange, sans nom. Il correspond à la première hypostase : Dieu, le Père (représenté à gauche dans l’icône de la Trinité).